L’effort physique prolongé a des impacts sur la rétine

Publié le 28 avril 2021

marathon de paris 2019

L'étude MARETINE menée par l’Hôpital Fondation Rothschild, a procédé au suivi ophtalmologique de coureurs du marathon de Paris 2019. Elle apporte des éclairages nouveaux sur l’impact d’un effort physique prolongé au niveau de la rétine.

Contenu

L’expérience scientifique initiée par le centre de recherche clinique de l’Hôpital Fondation Rothschild, sous la houlette de son coordinateur Vivien Vasseur, a été conduite auprès de coureurs inscrits à l’édition 2019 du marathon de Paris, une course longue de 42,2 kilomètres.

Son objectif : recueillir et analyser des données concernant les effets d’un exercice prolongé et intense sur la vascularisation oculaire rétinienne et choroïdienne (membrane vasculaire entre la rétine et la paroi du globe oculaire).

De fait, les modifications de paramètres cardiovasculaires au cours d'un exercice physique prolongé ont déjà été étudiées : elles ont été associées à la fois à des effets bénéfiques ou néfastes, suggérant la complexité des processus physiologiques en action. Il a ainsi par exemple été démontré que l'endurance augmente les taux de différentes hormones (rénine, aldostérone, cortisol, progestérone, ACTH, bêta-endorphine).

Pour autant, les informations disponibles concernant les effets sur les yeux des marathoniens demeurent limitées.

Une étude en vie réelle, auprès de marathoniens

Concrètement, l’étude a été menée dans un cadre de vie réelle, sans intervention expérimentale : 31 participants ont été recrutés par le biais d'une campagne d'information à l'Hôpital Fondation Rothschild et une première visite a été organisée dans le mois précédant le marathon, en mars 2019.

A cette occasion, tous les patients ont subi une mesure de la pression artérielle et un examen ophtalmologique complet, comprenant en particulier une photographie du fond de l'œil et une OCT-angiographique permettant de visualiser les vaisseaux rétiniens et choroïdiens. Un second examen a été organisé sur les 29 participants ayant terminé la course, moins d’une heure après leur franchissement de la ligne d’arrivée : les mêmes mesures ont été effectuées, avec un équipement identique. 

Il ressort de l’analyse que des modifications ophtalmologiques significatives ont été observées à l’issue de cet engagement physique, confirmant que les changements au niveau de la pression sanguine, induits par le sport d’endurance, peuvent impacter la vascularisation oculaire au même titre que celles d'autres organes (tels que le cœur, cerveau, rein…).

Les résultats mettent en particulier en avant la baisse significative du débit sanguin au niveau de la rétine et de la choroïde probablement en raison de la déshydratation liée à l’effort. En parallèle, l’épaisseur de la macula centrale et de la couche de fibres nerveuses de la rétine a au contraire augmenté témoignant d’une hypoxie relative: des recherches complémentaires sont nécessaires pour à la fois expliquer ces phénomènes et évaluer la possibilité de transposer les résultats obtenus à d’autres populations et/ou sports.

Cette étude a bénéficié du mécénat d’Entrepeneurs&Go.

Communiqué de presse - Sport et Rétine - 21 avril 2021

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