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La hernie discale cervicale

Le disque intervertébral est un « coussin » entre les vertèbres. Une hernie discale correspond ainsi à un bombement anormal de ce disque en arrière de son logement, venant comprimer une racine nerveuse à destinée du membre supérieur. Le symptôme le plus fréquent est appelé névralgie cervicobrachiale, qui génère une douleur partant du cou pour aller dans un membre supérieur, selon un trajet plus ou moins précis.

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Stéthoscope

Déroulé de la chirurgie de la hernie discale cervicale

Cette intervention se fait sous anesthésie générale.

À la différence de la hernie discale lombaire, l'incision se fait à l'avant du cou. En effet, la moelle épinière, qui ne peut être déplacée, empêche dans la majorité des cas l'accès à la hernie par un abord postérieur. D'un point de vue chirurgical, ceci ne pose pas un problème car, contrairement aux idées reçues, la colonne vertébrale se situe au centre du cou et non à l'arrière, rendant son accès aussi rapide par l'avant que par l'arrière.

  • Après avoir effectué une incision à l’avant du cou, le chirurgien accède à la colonne vertébrale en laissant de chaque côté de nombreuses structures anatomiques précieuses (comme la trachée, l'œsophage et les vaisseaux à destinée cérébrale). L'accès se fait par un corridor naturel qu'il faut retrouver, puis ouvrir, pour accéder à la colonne vertébrale.
  • La suite de l'opération se fait sous microscope opératoire. Elle consiste en l'exérèse (ablation) du disque dans sa totalité, condition nécessaire pour accéder à la hernie. Une fois le disque et la hernie enlevés, la moelle et les nerfs sont décomprimés. Il faut alors combler le vide laissé entre les vertèbres par l'interposition d'une petite talonnette (appelée cage) qui permet la fusion progressive des deux vertèbres dans une position la plus naturelle possible.
  • Une fois l'opération terminée, le chirurgien laisse le plus souvent un tuyau en place (appelé drain ou redon) qui finira d'évacuer d'éventuels saignements après l'opération.
Centre de santé

Suites de l'intervention

  • Si le patient a été intégré avant l’intervention au dispositif Récupération Accélérée Après Chirurgie (RAAC), il pourra, dans la majorité des cas, se lever juste après l’opération et rentrer le lendemain ou le surlendemain à son domicile. Dans le cas contraire, une hospitalisation de 3 jours est prescrite.
  • Les activités physiques peuvent être reprises progressivement. Les premiers jours, il est recommandé de ne pas attendre d’avoir très mal avant de prendre les médicaments antidouleurs mais plutôt de les prendre de manière systématique. Les trajets en voiture en position assise, source potentielle de chocs entre les vertèbres, sont à éviter pendant les premières semaines.
  • Un rendez-vous de contrôle est prévu dans les 6 semaines à 3 mois après l’opération. La reprise du travail peut s’envisager après 4 à 6 semaines en général.
  • Un suivi par radiographies ou scanner est réalisé également dans les mois qui suivent afin de contrôler la fusion osseuse entre les deux vertèbres.
  • La kinésithérapie n'est prescrite qu'en cas de manque de force dans le bras ou les jambes, la meilleure rééducation reste la marche et la reprise des activités de la vie quotidienne.
Soignant

Résultats de l'intervention et effets secondaires possibles

  • Une fois le nerf libéré par la chirurgie, les douleurs dans le bras cessent dans la grande majorité des cas ou deviennent très supportables. 
  • Des douleurs nucales et des trapèzes sont habituelles en post-opératoire et cèdent dans la majorité des cas en quelques semaines. Elles peuvent susciter la prescription de kinésithérapie et/ou le port d'un collier mousse (minerve).
  • Il y a 5% de risque statistique de complications chirurgicales, incluant l’infection, l’hématome et – dans de rares cas – des troubles neurologiques des membres et des sphincters périnéaux.