Des travaux de recherche ayant permis de redonner la vue à des personnes aveugles remportent le Prix António Champalimaud 2026
Publié le 16 septembre 2026
Des travaux de recherche ayant permis de redonner la vue à des personnes aveugles remportent le Prix António Champalimaud 2026. Le plus grand prix international en ophtalmologie, d’une valeur d’un million d’euros.
• Ce prix récompense les chercheurs Botond Roska (Suisse) et José-Alain Sahel (France/États-Unis) ;
• Les chercheurs ont mis au point des approches innovantes pour la restauration de la vue
• Dans le monde, 43 millions de personnes sont aveugles et 295 millions souffrent d’un handicap visuel, souvent dû à des maladies rétiniennes
Lisbonne, le 15 septembre 2026 – La Fondation Champalimaud a annoncé aujourd’hui que le Prix António Champalimaud pour la vision 2026 récompense les chercheurs Botond Roska (Suisse) et José-Alain Sahel (France et États-Unis d’Amérique) pour leurs recherches innovantes visant à restaurer la vision chez les personnes souffrant de déficience visuelle ou de cécité causées par des maladies rétiniennes.
Les professeurs Botond Roska et José-Alain Sahel comptent parmi les chercheurs internationaux les plus productifs dans le domaine des technologies visant à restaurer la vision. Leurs travaux constituent un exemple notable de recherche translationnelle, reliant les découvertes en biologie fondamentale à la pratique clinique afin de développer de nouvelles thérapies contre la perte de la vision.
Dans le monde, 43 millions de personnes sont aveugles et 295 millions souffrent d’un handicap visuel, souvent en lien avec des maladies rétiniennes et la dégénérescence maculaire.
Les deux chercheurs ont mis au point des thérapies optogénétiques qui rendent certaines cellules rétiniennes sensibles à la lumière, même lorsque les photorécepteurs ont déjà été détruits par la maladie. En termes simples, ces approches aident la rétine à réagir à nouveau à la lumière, ouvrant ainsi la voie à une restauration partielle de la vision.
Malgré les progrès scientifiques, les traitements capables de restaurer la vision fonctionnelle après une perte provoquée par des dystrophies rétiniennes héréditaires ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge restent rares. Depuis plus de deux décennies, individuellement et en collaboration, Roska et Sahel ont contribué à faire évoluer cette situation.
Dans des modèles animaux de dégénérescence rétinienne héréditaire, l’activation des cellules ganglionnaires rétiniennes ou des cellules bipolaires, ou encore des cônes « dormants », a permis de restaurer dans une certaine mesure la fonction visuelle. Ces approches ont ensuite été testées dans le cadre d’essais cliniques chez l’homme, démontrant qu’il est possible de restaurer partiellement la vision chez les patients.
Botond Roska, M.D., Ph.D., médecin et chercheur biomédical hungaro-suisse de l'Université de Bâle et directeur fondateur de l'Institut d'Ophtalmologie Moléculaire et Clinique de Bâle (IOB), Suisse, est un neurobiologiste de la rétine qui a mis en évidence de nouvelles interconnexions neuronales essentielles à l'organisation rétinienne de la vision chez l'humain et l'animal.
Il a développé des techniques de cartographie des circuits rétiniens à l'aide de virus trans-synaptiques ; il a également utilisé des moyens génétiques pour insérer des canaux ioniques sensibles à la lumière dans les cônes rétiniens et les cellules bipolaires ON, démontrant une activité résultante dans les cellules ganglionnaires rétiniennes chez la souris et dans des tissus rétiniens humains, malgré l'absence de photorécepteurs normalement sensibles à la lumière
Ces contributions fondamentales apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes de traitement de la vision au niveau de la rétine et ouvrent de nouvelles perspectives pour la restauration de la vision chez les patients atteints de dégénérescences rétiniennes et maculaires.
José-Alain Sahel, M.D, ophtalmologiste et chercheur français, directeur de l'UPMC Vision Institute, professeur distingué et président du département d'ophtalmologie de l'université de Pittsburgh, (USA), directeur fondateur de l'Institut de la Vision à Paris, et ancien chef des départements d'ophtalmologie de l'Hôpital National de la Vision – Quinze-Vingts et de l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, (France) est un clinicien-chercheur qui a mené des études pionnières sur la perte de vision liée à la neuropathie optique héréditaire de Leber (LHON), et a démontré, lors d'essais cliniques chez l'humain, que l'expression génique de ND4 mitochondrial peut prévenir la cécité chez les patients atteints de LHON.
Cette thérapie génique contre la LHON est déjà accessible aux patients dans plusieurs pays. Le Dr Sahel a également identifié une protéine rétinienne fondamentale qui favorise la survie des photorécepteurs à cônes, responsables de la vision diurne. Il a baptisé cette protéine «Rod-derived Cone Viability Factor”» (RdCVF) et a montré qu’elle pouvait sauver les cônes quelle que soit la cause génétique de la dégénérescence. Ces approches basées sur des facteurs neurotrophiques ont le potentiel de traiter un large éventail de maladies rétiniennes génétiques et liées à l’âge. Il a également codirigé la démonstration clinique d’une restauration partielle de la vision à l’aide de prothèses rétiniennes.
À propos de l'António Champalimaud Vision Award
Le António Champalimaud Vision Award bénéficie du soutien de « Vision 2020 – The Right to Sight », une initiative mondiale pour la prévention de la cécité lancée en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé et l’Agence internationale pour la prévention de la cécité. Doté d’un million d’euros, ce prix, le plus important dans son domaine, est décerné chaque année et récompense les contributions à la recherche originale dans le domaine de la vision, ainsi que les initiatives visant à atténuer les troubles de la vision, en particulier dans les pays en développement. Les candidats éligibles comprennent des laboratoires, des organismes de recherche et des initiatives collaboratives, pouvant impliquer des groupes issus de plusieurs institutions ou disciplines.