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Objectif de la chirurgie de l'épilepsie

L’intervention neurochirurgicale consiste à enlever et/ou à déconnecter la région cérébrale à l’origine des crises d’épilepsies.

  • Certaines interventions sont curatives et permettent une guérison dans 50 à 100% des cas.
  • D’autres types d’interventions ne font pas disparaitre les crises totalement, mais en réduisent la fréquence.
  • Les jeunes patients candidats à une chirurgie de l’épilepsie doivent, au préalable, suivre un parcours d’examens qui comprend : l’enregistrement des crises par un Electro Encéphalogramme (EEG) avec vidéo synchronisée
  • Une IRM cérébrale pour visualiser la lésion cérébrale
  • L’enregistrement des crises par un EEG avec électrodes en profondeur (stéréoEEG ou sEEG) avec vidéo et une évaluation neuropsychologique.

Le service de neurochirurgie pédiatrique de l’Hôpital Fondation Rothschild est le seul centre en France à assurer de façon régulière, et depuis plus de 20 ans, l’évaluation, l’exploration intracrânienne  et le traitement chirurgical des épilepsies rebelles du nourrisson et de l’enfant.

  • 110 enfants

    explorés par an dans le service

  • 60 enfants

    opérés par an en reurochirurgie

Stéthoscope

Déroulé de la chirurgie de l'épilepsie

Cette chirurgie (dite de résection focale) consiste à retirer une petite zone cérébrale, le foyer épileptogène qui a pu être très précisément établi par lors du bilan pré-opératoire. Il peut s’agir :

  • D’une déconnexion des hamartomes hypothalamiques. Le traitement chirurgical de ces lésions situées dans une région à risque car proche du tronc cérébral n’est possible que de façon récente et grâce à l’amélioration des techniques chirurgicales. Elle consiste à déconnecter l’hamartome en utilisant soit une chirurgie endoscopique, soit une chirurgie classique. La parfaite tolérance de l’approche endoscopique permet de répéter ce geste jusqu’à déconnexion aussi complète que possible. 
  • D’une déconnexion hémisphérique par hémisphérotomie. Elle est envisagée dans les épilepsies touchant tout un hémisphère. La technique utilisée pour déconnecter l’hémisphère cérébral est appelé hémisphérotomie par voie parasagittale Le déficit moteur préexistant (hémiplégie, hémianopsie, retard intellectuel) n'est souvent pas modifié par l'intervention. La récupération sera d’autant plus rapide que l’enfant est opéré tôt, grâce aux capacités de compensation de l’hémisphère sain non opéré, en particulier pour le langage et la mémoire.
Stéthoscope

Autres chirurgies de l'épilepsie

La callostomie et stimulation du nerf vague sont des techniques qui ne permettent pas de guérir l'épilepsie mais qui contribuent à réduire la fréquence et l’intensité des crises pour améliorer la qualité de vie des enfants et réduire les blessures dues aux chutes. Elles sont envisagées dans 3 hypothèses : en cas d’absence d'un foyer épileptogène unique, de foyers multiples bilatéraux, ou de zone épileptogène trop étendue pour être retirées par chirurgie.

  • La callosotomie consiste à couper les fibres du corps calleux, reliant les 2 hémisphères cérébraux Les indications actuelles sont les épilepsies multifocales ou généralisées (syndrome de Lennox Gastaut, spasmes infantiles rebelles) comportant des crises avec chute. Cette intervention n’entraîne pas d’aggravation psychologique ni du langage si elle est réalisée avant l’âge de 10 ans.  Après l’âge de 10 ans, si l’enfant a un bon langage, l’intervention ne pourra être que partielle.
  • La stimulation du nerf vague peut apporter une amélioration de la fréquence et de l’intensité des crises. Un stimulateur est implanté sous la clavicule gauche et une électrode part du stimulateur vers le nerf vague, dans le cou. L’intervention ne touche par le cerveau du patient. Le stimulateur envoie des impulsions électriques régulières pour essayer de limiter la survenue des crises épileptiques.  Les indications sont les épilepsies résistantes aux médicaments et non opérables.

Pour les jeunes patients opérés, Il y a une vie avant et après l’opération. Certains enfants passent d’une cinquantaine de crises par jour et plus aucune crise. Cette opération est au sens propre du terme, une véritable renaissance.

Chef de service de neurochirurgie pédiatrique