Pollution de l'air et poussées de sclérose en plaques : une étude de l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild publiée dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry
Publié le 18 septembre 2026
Une étude bicentrique menée par les équipes de neurologie de l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild et de la Pitié-Salpêtrière, publiée dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry (JNNP), revue de référence internationale en neurologie, explore le lien entre exposition à la pollution atmosphérique et risque de poussée chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP).
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune du système nerveux central évoluant par poussées. Si la pollution atmosphérique a déjà été évoquée comme un déclencheur possible de poussées à très court terme (quelques jours), les effets de délais d'exposition plus longs restaient peu étudiés, notamment depuis la généralisation des traitements de fond modernes.
L'étude CONFISEP, conduite entre 2018 et 2021 en Île-de-France, a suivi 1 152 patients atteints de SEP rémittente issus du registre national OFSEP, dont 131 pris en charge à l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild. Les chercheurs ont croisé l'historique résidentiel précis des patients avec les données de modélisation fine de la pollution fournies par Airparif (particules PM10, PM2,5, dioxyde d'azote NO₂ et ozone O₃), afin d'étudier des délais d'exposition allant jusqu'à 15 semaines avant chaque poussée.
Résultat principal : une exposition plus élevée aux particules fines (PM10, PM2,5) et au NO₂ a été associée à un risque accru de poussée, avec deux fenêtres temporelles distinctes — l'une courte (2 à 3 semaines après l'exposition), l'autre plus tardive (11 à 12 semaines). Aucune association n'a été observée pour l'ozone. Ces résultats sont cohérents avec des données récentes en imagerie et en biomarqueurs suggérant que la formation d'une lésion cérébrale peut débuter plusieurs semaines avant l'apparition des symptômes cliniques.
Point important souligné par les auteurs : quel que soit le polluant étudié, les traitements de fond de la SEP restent, de très loin, le facteur ayant le plus d'impact sur la réduction du risque de poussée — les thérapies dites de haute efficacité réduisant ce risque de façon nettement plus marquée que n'importe quelle variation d'exposition à la pollution.
Les auteurs insistent sur le caractère exploratoire de ces résultats, obtenus par testing de multiples fenêtres temporelles sans correction statistique, et appellent à une confirmation sur des cohortes indépendantes avant toute traduction en recommandation clinique.
Référence : Januel E, Papeix C, Baudic A, et al. Air pollution and the risk of multiple sclerosis relapses in the Paris region, the CONFISEP study. Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, 2026.
Financement : étude soutenue par l'Assistance Publique–Hôpitaux de Paris (Fonds d'Intéressement à la Recherche) et l'Institut de recherche en santé publique (IReSP).
Article à paraître dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry