Centre d'Evaluation et de Traitement de la Douleur

Soulager a été de tout temps une préoccupation essentielle de la Médecine. La meilleure connaissance des mécanismes neurophysiologiques de la douleur, l'identification clinique de la douleur chronique comme une maladie à part entière à distinguer de la douleur aiguë, douleur symptôme, le coût économique de cette pathologie, ont conduit au développement d'Unités de Traitement de la douleur. L'Association Internationale de l'Etude de la Douleur (IASP) a mis en place un groupe interne de travail chargé de définir de telles structures; les conclusions sous-forme d'un rapport ont été présenté au 6ème congrès mondiale de la douleur à Adélaïde en avril 1990. 

Le Centre d'Evaluation et de Traitement de la Douleur (CETD) de la Fondation Rothschild, structure identifiée en 1998 par le ministère, conçue sur le mode de la multi-disciplinarité, assure les consultations et les hospitalisations (unité de 10 lits dédiés). Ces fonctions sont les suivantes :

  • Prendre en charge de manière globale les patients atteints de douleurs sévères rebelles invalidantes. Faire cesser la douleur quand c'est possible, la rendre à un niveau supportable dans les autres cas, par toutes les techniques pharmacologiques, neurochirurgicales connues associées à une prise en charge psychosociale adaptée. Cette approche globale vise l'arrêt, sinon la diminution du handicap douloureux et à l'amélioration de la qualité de vie du patient douloureux.
  • Assurer la formation des soignants, participer à l’enseignement dans le cadre universitaire (Capacité, DIU) et auprès des écoles d’infirmières, de kinésithérapeutes.
  • Encadrer les stagiaires dans le service et les consultations (Médecins des Capacités, élèves infirmières, infirmières en formation, stagiaires kinésithérapeutes, étudiantes en psychologie...).
  • Mettre en place des protocoles médicamenteux (recherche clinique), des outils d'évaluation performants et validés (questionnaires, échelles de la douleur).
  • Participer aux différentes activités des sociétés savantes sur le plan national et international pour le développement de la discipline et de son rayonnement.

L’évaluation du patient

L'évaluation de la douleur et de ses conséquences peut être réalisée en consultation ou en hospitalisation. Elle est assurée par des Médecins formés à aborder de façon globale la douleur (modèle bio-psycho-social), élargissant ainsi la conception de leur seule spécificité, et par l'équipe paramédicale formée à évaluer la douleur et assurer des soins spécifiques.

La première consultation dure une heure, deux autres consultations sont systématiquement prévues à quelques jours d'intervalle.

Les bilans pluri-disciplinaires sont effectués soit en consultation externe soit en hospitalisation de jour en fonction de la complexité de l’évaluation.

Les dossiers sont discutés en staff médical le mardi.

L'évaluation initiale conduit à un diagnostic pluri-factoriel (lésionnel, psychologique et social) pouvant amener à une proposition d'hospitalisation dans les cas difficiles (indication de gestes techniques, sevrage de Morphine, perfusions d'Anafranil ou de Kétamine, test de stimulation Médullaire et Cérébrale, etc …).

Les patients de province sont orientés vers leur Médecin traitant à l’issus du bilan avec une lettre de synthèse et, quand la situation le permet, aux spécialistes de la Douleur sur leur région (annuaire SFETD)

La prise en charge des patients

Assuré par le Médecin référent CETD, associée ou non à d'autres thérapeutes au sein de l'équipe.

Avis et évaluation régulière en cours de traitement par l’équipe.

Établissement d'un programme thérapeutique associant une approche physique médicamenteuse et psycho-comportementale.

L’indication d’une technique neurochirurgicale est discutée par l’équipe médico-chirurgicale et tient compte des spécificités de chaque patient.

Les thérapeutiques proposées

Les thérapeutiques médicamenteuses: analgésiques par toutes les voies autorisées (per os, sous-cutanée, I.V., intra-thécale), co-analgésiques : tricycliques, kétamine….

Les techniques anesthésiques : bloc nerveux, bloc sympathique, péri-durale, infiltration intra-thécale de Morphine, Ziconotide, anesthésiques locaux, Baclofen…

Les techniques neurochirurgicales :

  • Neuro-chirurgie d'interruption (Drez, cordotomie, thermocoagulation...),
  • Neurochirurgie fonctionnelle : stimulation médullaire, stimulation corticale, implantation de site et de pompe dans le liquide céphalo-rachidien et leur suivi,

Les techniques physiques : kinésithérapie-thermothérapie (en hospitalisation), stimulation électrique transcutanée(TENS), stimulation magnétique transcranienne.

Les techniques psychologiques : technique verbale tournée vers le patient et son entourage, techniques cognitives et comportementales (TCC), Sophrologie.

L’évaluation des facteurs sociaux :
Evaluation du poste de travail, la qualité de l'habitat, prise de contact avec les services sociaux et professionnels (médecin CNAM, médecin du travail), la famille,. favoriser le règlement des litiges, la diminution des tensions avec les proches, aide à l’élaboration d’un dossier MDPH pour la reconnaissance de travailleur handicapé… Participation de l’assistante sociale pour les cas complexes ou quand une problématique sociale importante est découverte.

Ainsi les rôles complémentaires des différents membres de l'équipe médicale et paramédicale , au sein d’une Unité Médico-Chirurgicale, inséré dans le département de Neurochirurgie-CETD, avec accès au plateau technique de la fondation, permettent une prise en charge pluri-factorielle.

Cette spécificité a permis d'établir un réseau national de correspondants en particulier avec d'autres Unités de Traitement de la Douleur qui nous envoient des patients ayant des douleurs particulièrement rebelles comme les douleurs neuropathiques sur lésion médullaire (paraplégique, tétraplégique), supra médullaire (post AVC, traumatisés crâniens) et certaines douleurs cancéreuses résistantes aux Morphines.

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