La Rhinosinusite chronique

La rhinosinusite chronique est une entité clinique complexe regroupant les rhinosinusites allergiques saisonnières ou pernannuelles et les rhinosinusites non allergiques perannuelles. Les symptômes décrits par le patient sont les mêmes mais il est important de définir le terrain allergique afin de mieux cibler le traitement. Ces rhinosinusites peuvent également masquer des pathologies de système ou plus simplement un asthme ou des infections dentaires qu’il convient de dépister. La prise en charge est pluridisciplinaire et doit faire intervenir ORL, allergologue, pneumologue et médecin interniste en fonction du tableau clinique.

Les symptômes

Le tableau clinique associe de manière variable et aléatoire les symptômes suivants : obstruction nasale, céphalées, éternuements, prurit nasal ou oculaire, rhinorrhée (écoulement de sécrétions nasales), saignements de nez et croutes nasales, rougeur et écoulement oculaire.

Ces symptômes peuvent apparaître à n’importe quel moment de la vie et leur importance est favorisée par des milieux poussiéreux et humides. Ils sont soit saisonniers (mars à septembre) auquel cas l’ORL va suspecter une cause allergique, soit per-annuels. Les facteurs favorisants comme les animaux domestiques, le tabac, la vie en milieu humide et poussiéreux, la climatisation,  les moquettes,  ainsi que l’existence d’un asthme sont notés. L’état bucco-dentaire, les antécédents d’eczéma dans l’enfance, l’état général du patient, l’existence d’une otite séreuse sont également importants à prendre en compte.

L’examen clinique

Il s’agit de réaliser par l’ORL en consultation une endoscopie des fosses nasales avec un fibroscope souple ou une optique rigide. Cet examen quasiment indolore, effectué avec ou sans anesthésie locale en fonction des patients, permet d’apprécier l’état de la muqueuse nasale, la présence de polypes, de croutes et de sécrétions claires ou sales.

Les formes cliniques

Dans la rhinosinusite allergique, il est d’usage d’adresser le patient en consultation d’allergologie pour une enquête allergologique précise. Des tests cutanés sont effectués et un bilan sanguin demandé si une désensibilisation est envisagée. Il peut s’agir d’une rhino-sinusite perannuelle en cas d’allergie aux acariens par exemple ou d’une forme saisonnière en cas d’allergie aux pollens. L’allergologue jugera de l’opportunité d’une désensibilisation et expliquera les mesures d’éviction à suivre. 

Dans la maladie de Wegener, ce sont les poumons et les fosses nasales qui sont atteints.  L’âge moyen de début des symptômes est 40-50 ans ; le diagnostic peut être suspecté devant une rhinosinusite chronique crouteuse. L’ORL adressera donc le patient en médecine interne pour un bilan sanguin complet et un scanner des poumons. L’ORL peut être sollicité pour effectuer une biopsie de la muqueuse des fosses nasales pour confirmer le diagnostic. Ce geste se fait en consultation sous optique après une anesthésie locale d’une fosse nasale (coton imbibé de produit anesthésique). Le traitement est spécifique.

Dans le syndrome de Churg et Strauss, asthme et rhinosinusite chronique sont associés. Dans  cette pathologie, l’asthme est de survenue tardive (vers 30-40 ans) ou s’aggrave brutalement s’il est connu. L’ORL peut suspecter ce diagnostic surtout s’il constate à l’examen clinique l’existence de polypes dans les fosses nasales. Il adressera le patient au médecin interniste qui fera le bilan complet et posera le diagnostic. le traitement est spécifique. 

Dans la sinusite aspergillaire, le patient présente des symptômes rhino-sinusiens d’évolution chronique associés parfois à une sensation d’odeur fétide dans le nez (le patient se sent et l’odeur est nauséabonde). Il s’agit souvent d’une localisation sinusienne d’un champignon appelé aspergillus qui pousse de manière chronique dans un sinus le plus souvent un sinus maxillaire. Dans ce cas précis, une consultation chez le dentiste est importante car celui-ci recherchera la dent causale et la traitera. En général, il est tout de même nécessaire d’opérer le sinus pour le nettoyer de ce champignon qui n’aura pas tendance à disparaître spontanément.

Dans la rhinosinusite chronique non allergique, le patient présente tous les symptômes précédemment décrits ; il n’y a pas de caractère saisonnier, pas de terrain allergique, pas de foyer infectieux dentaire, pas de croutes dans le nez. Il s’agit d’une forme très fréquente dont le traitement est symptomatique et très prolongé. Il n’existe pas de traitement qui guérit le patient.

Le scanner des sinus de la face

Il n’est pas nécessaire de multiplier les scanners mais en général le patient devra réaliser un scanner dans l’histoire de la rhino-sinusite chronique pour plusieurs raisons : noter le nombre de sinus pathologiques, éliminer une lésion associée, faire un bilan anatomique avant une chirurgie, évaluer l’état des racines dentaires.

Le traitement

Dans tous les cas, il est nécessaire d’effectuer un traitement local par lavages de nez quotidiens au sérum physiologique suivi d’une pulvérisation de corticoïdes locaux. Ce traitement est essentiel  et ne peut être substitué à aucun autre traitement. Il permet en nettoyant la muqueuse nasale des sécrétions accumulées, des poussières et allergènes, de décongestionner la muqueuse nasale et d’apporter beaucoup de confort respiratoire au patient. Des explications précises sur la réalisation du lavage de nez qui est une véritable douche nasale sont données. Le but du traitement est de nettoyer la muqueuse nasale et de permettre aux corticoïdes nasaux de traiter la muqueuse. Il s’agit d’un traitement prolongé que le patient doit suivre tous les jours pendant des années, voire souvent à vie.

Si la rhinosinusite chronique est d’origine allergique, on associe un traitement par anti-histaminiques et/ou une désensibilisation ; si la cause est dentaire, le traitement de la dent ou son extraction va s’accompagner d’une intervention chirurgicale sur le sinus atteint. Si la rhino-sinusite entre dans le cadre d’un syndrome de Churg et Strauss ou une maladie de Wegener le traitement se discute au cas par cas et est l’affaire du médecin interniste. 

Dans certains cas, une cure thermale peut être prescrite. 

 

Retour en haut
Retour en haut de page
Site conçu et réalisé par TILD