Cancers des voies aéro-digestives supérieures

Généralités 

Les cancers de la gorge (également appelées  voies aéro-digestives supérieures) représentent 15% des cancers en France (14000 nouveaux cas /an). Il s’agit du 5ème cancer le plus fréquent en France.

Les voies aéro-digestives supérieures sont la partie haute des systèmes respiratoire et digestif. Elles sont constituées des organes qui permettent le passage de l'air et des aliments : les fosses nasales, les sinus, la bouche, le pharynx, le larynx (cordes vocales).

Le pronostic de ces cancers est notamment lié au diagnostic précoce, ainsi, les campagnes de préventions se multiplient, pour éduquer la population à reconnaître les signes devant amener à consulter. Ainsi, si 1 des signes (difficulté à avaler, modification de la voix, mal de gorge persistant, ganglion au niveau du cou) persiste plus de 3 semaines, la consultation spécialisée est recommandée.

Le plus fréquent des cancers des voies aérodigestives supérieures est le carcinome épidermoïde (>90%), qui se développe au niveau des muqueuses ORL.

Il existe une prépondérance masculine nette (75%), mais qui tend à diminuer avec la féminisation des pratiques éthylo-tabagiques. Le pic de fréquence se situe vers 60 ans.

Les facteurs d’augmentation du risque le plus souvent notés sont le tabagisme et l’éthylisme chronique. On peut également diagnostiquer des lésions cancéreuses chez des patients ne présentant pas ces facteurs de risques. Pour ces patients, on retrouve souvent comme facteur de risque une infection virale, notamment la papillomatose (infection à HPV). 

Le parcours de soin

De nombreux symptômes peuvent révéler un cancer ORL : enrouement et modification de la voix, difficultés à avaler, aphte traînant, douleur buccale, douleur d’oreille, perte de poids, fatigue, ganglion cervical (se manifestant par une grosseur au niveau du cou). La persistance de ces signes pendant au moins 3 semaines doit amener à consulter.

Parfois les lésions sont découvertes fortuitement à l’occasion d’un examen médical pour un autre motif.

 Le médecin spécialiste effectue son examen physique :

  • Inspection de la cavité buccale à l’abaisse langue, puis palpation au doigt
  • Palpation du cou, à la recherche des ganglions
  • La nasofibroscopie est l’examen spécifique de l’ORL : cet examen mené avec une camera sur une fibre optique recherche une tumeur, cherche à décrire ses contours, évalue la mobilité des cordes vocales
  • La biopsie d’une lésion de la cavité buccale est parfois possible en consultation. 

Dans un second temps, le médecin prescrit les examens d’imagerie pour aider à caractériser l’état d’avancée de la maladie : un scanner du cou et du thorax, parfois une IRM voire un Pet-scanner.

Un examen endoscopique complet est ensuite programmé. Il s’agit d’un examen clinique sous anesthésie générale, qui permet de réaliser des biopsies et de localiser l’extension précise de la lésion, pour en proposer le traitement adapté. Enfin, il recherche une éventuelle autre lésion associée.

Cancer

Au terme de l’examen clinique, des bilans d’imagerie, de l’examen sous anesthesie générale et de l’evaluation par le médecin anesthesiste, une réunion de concertation pluridisciplinaire (associant radiologiues, oncologues, radiotherapeutes, psychologue, infirmiere, chirurgien ORL) permet de prendre la décision thérapeutique la plus adaptée

Le traitement

Le traitement est décidé lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) comportant plusieurs spécialistes (chirurgien, oncologue, anatomo-pathologiste, radiologue, radiothérapeute).

Les buts du traitement vont dépendre du type de maladie, de l’état général du patient et de ses souhaits.

L’arrêt total et définitif des facteurs de risque est fortement recommandé pour les patients entrant dans un protocole de soins curatifs.

La prise en charge nutritionnelle est indispensable, chez des patients ayant un état général altéré avec un amaigrissement récent et nécessitant un traitement qui peut être lourd.

Il existe différentes méthodes thérapeutiques :

  •    La radiothérapie externe :
    • La radiothérapie est souvent associée à la chimiothérapie (sauf pour les petites tumeurs)
    • Traitement curatif classique de certaines localisations (cancer du cavum, protocole de préservation laryngée)
    • Complications de la radiothérapie cervico-faciale :
      • Sécheresse et inflammation buccale, candidose buccale
      • Radiodermite
      • Plus rarement : ostéoradionécrose (mandibulaire), chondronécrose (cartilages laryngés), sténose pharyngo-œsophagienne, hypothyroïdie
  •    La chirurgie
    • Elle essaie de préserver au maximum les fonctions du larynx et du pharynx
    • Elle nécessite l’ablation totale ou partielle de l’organe en cause et de ses territoires de drainage lymphatique.
    • La chirurgie est plus ou moins mutilante en fonction de la localisation tumorale et de son extension
    • L’évidement ganglionnaire cervical (ablation des ganglions du cou) peut être uni ou bilatéral.
  •    Chimiothérapie
    • Elle est le plus souvent proposée en association (en même temps ou de façon décalée) avec la chirurgie et/ou la radiothérapie
    •   Elle peut potentialiser les effets anticancéreux de la radiothérapie
    • La chimiothérapie nécessite la mise en place, sous anesthésie locale, d’un cathéter veineux implanté, permettant de s’affranchir des perfusions répétées au bras et d’abimer ainsi les veines périphériques (la perfusion se fait dans un petit boîtier placé sous la clavicule, qui déverse directement la chimiothérapie dans la circulation profonde).
    • La chimiothérapie peut également être proposée pour contenir la maladie, quand celle-ci ne peut être éliminée.
  •    Prise en charge de la douleur

La prise en charge de la douleur est parfois complexe, mais est globalement bien maîtrisée.

Elle peut nécessiter la mise en place de traitements morphiniques.

Lorsque cette prise en charge est plus difficile, une consultation par des médecins spécialisés dans la douleur est proposée à la Fondation A. de Rothschild.

Surveillance

Elle permet de dépister précocement les récidives, une 2e localisation, un échec de traitement, voire l’apparition de métastases. La surveillance clinique et para-clinique est rapprochée au début puis progressivement élargie mais prolongée

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