La cataracte

Qu'est-ce qu'une cataracte ?

La cataracte est l’opacification du cristallin, qui est une petite lentille normalement claire et transparente de l'œil. Il ne s'agit ni d'une tumeur ni de la formation d'une nouvelle peau sur l'œil, mais de la formation d'opacités à l’intérieur du cristallin proprement dit.

Les cataractes constituent une cause très courante de détérioration de la vision. Des progrès importants ont été réalisés dans le traitement de cette maladie ces dernières années et la plupart des personnes qui en sont atteintes peuvent maintenant espérer recouvrer la vue en totalité ou, du moins, en grande partie. L’intervention chirurgicale, effectuée sous anesthésie locale vise à retirer le cristallin opacifié et le remplacer par un implant.

Qu’est-ce que le cristallin ?

Le cristallin est une lentille située derrière l’iris. Son diamètre est d’environ 1cm, et son épaisseur ne dépasse pas généralement 0.4cm. Elle est constituée d’une capsule entourant un cortex et un noyau.

L’accommodation (ou capacité de l’œil à faire la mise au point de près) repose sur la déformation du cristallin sous l’action du muscle ciliaire. Le cristallin permet ainsi aux patients non presbytes une « mise au point » sur les objets rapprochés (équivalent d’un « autofocus » d’appareil photo).

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Quand la cataracte est constituée, le cristallin devient opaque et la lumière ne peut être correctement transmise à la rétine, ce qui produit une image qui n'est pas claire. Il arrive souvent, en particulier au début de l’évolution de la cataracte, qu'une partie seulement du cristallin soit atteinte. Quand le centre du cristallin (noyau) est particulièrement opacifié, on parle de cataracte nucléaire. Ce type de cataracte provoque souvent un changement de correction lunettes, ou l’apparition d’une myopie tardive.

Si la vision n'est pas considérablement affaiblie, il n'est pas forcément nécessaire d'enlever la cataracte. En revanche, si une grande partie du cristallin devient opaque, il peut y avoir une réduction partielle ou totale de la vision tant que la cataracte n'est pas retirée.

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Fausses croyances

La cataracte n’est pas une affection contagieuse, et elle ne se propage pas d'un œil à l'autre, bien qu'elle apparaisse souvent dans les deux yeux à la fois. Elle ne correspond pas à un cancer ni à une infection. Elle n’est pas la conséquence d’une «peau » qui pousserait dans l’œil mais de l’opacification partielle ou totale du cristallin.

Il n'existe aucun lien entre la cataracte et le degré d'effort des yeux. La cataracte n’est pas une maladie qui rend aveugle, puisque elle est curable grâce à une simple intervention chirurgicale. Les traitements préventifs ou curatifs par collyres (gouttes) ou compléments alimentaires n’ont aucune efficacité démontrée pour la cataracte.

Quelles sont les principales causes de cataracte ?

La cataracte est causée par une modification de la composition chimique du cristallin. Cette modification est le plus souvent liée au vieillissement. En effet, le processus normal de vieillissement peut causer le durcissement et l'opacification du cristallin : c'est ce qu'on appelle la cataracte sénile. C'est la plus courante et elle peut apparaître dès l'âge de 60 ans.

Il existe d’autres causes telles que l'hérédité, des malformations congénitales, des maladies générales comme le diabète ou certains troubles métaboliques (métabolisme du calcium) qui peuvent provoquer l’apparition précoce d’une cataracte.

La prise prolongée de corticoïdes, le tabagisme chronique important sont également des facteurs de risques avérés pour la survenue d’une cataracte chez les sujets exposés.

Une blessure importante de l’œil, une contusion violente, l’exposition solaire répétée et prolongée sans protection oculaire aux UV peuvent également causer la survenue d’une cataracte.

Quels sont les principaux symptômes de la cataracte ?

Le patient peut ne pas se rendre compte qu'il a une cataracte débutante si les opacités du cristallin sont localisées ou de faible intensité. À mesure que la cataracte se développe, la vue peut devenir plus trouble, floue, imprécise. 

Il peut aussi y avoir des symptômes comme des éblouissements ou une sensibilité accrue aux lumières vives, qui reflètent l’existence d’une dispersion lumineuse accrue par les opacités présentes au sein du cristallin. La cataracte peut modifier la réfraction oculaire en causant l’apparition ou l’aggravation de la myopie (en particulier pour les formes de cataractes dites « nucléaires »).

Elle modifie également la perception des couleurs, en réduisant la sensibilité aux courtes longueurs d’ondes (bleu, violet). En effet, les protéines du cristallin cataracté absorbent particulièrement les courtes longueurs d’ondes. Ceci explique également l’aspect « jaunâtre » du cristallin cataracté. Enfin, certains patients décrivent l’apparition d’un « voile permanent » gênant la vision d’un œil (cataracte unilatérale) ou les deux.

Plus la cataracte s'aggrave, moins les lunettes deviennent efficaces et moins elles peuvent compenser l’effet de la perte de transparence du cristallin. Dans les formes avancées, la pupille, normalement d’apparence noire, peut changer sensiblement de couleur et prendre une coloration blanchâtre. 

Comment fait-on le diagnostic de cataracte ?

Il est effectué par l’ophtalmologiste selon l’observation du cristallin au biomicroscope, la mesure du retentissement exact de la cataracte sur la vision (acuité visuelle) et l’absence d’une autre pathologie oculaire. Il prendra également des mesures précises des dimensions de l’œil et effectuera une échographie  (biométrie) afin de calculer la puissance de l’implant qui devra être posé après l’ablation de la cataracte pour remplacer le cristallin. Certaines techniques plus récentes permettent de quantifier le degré de perte de transparence du cristallin.

Comment être certain que mes troubles visuels proviennent d’une cataracte ?

Les symptômes précoces de cataracte sont variables et peu spécifiques.  Des méthodes modernes d’analyse de la perte de transparence des tuniques oculaires sont disponibles à la Fondation Rothschild. Ces méthodes fournissent un index objectif de perte de transparence. Quand cet index est normal, on peut éliminer la responsabilité de la cataracte dans la genèse de la baisse de vision. A l’inverse, une perturbation des indices renforce le diagnostic.

Comment se traite la cataracte ?

Une fois la cataracte présente, le seul traitement est une intervention chirurgicale dont le but est de retirer le cristallin opacifié et de le remplacer par un implant.

L’implant monofocal classique permet de « régler » la correction de l’œil pour une distance de netteté. Le réglage « en vision de loin » permet au patient opéré de ne pas porter de verres de lunettes après l’intervention pour la conduite, la télévision, etc… En revanche, une aide optique pour la vision de près demeure nécessaire.  Il est également possible de choisir un implant dont la puissance permet au patient de lire sans lunettes. Dans ce cas, une correction pour la vision de loin est nécessaire.

La présence d’un fort astigmatisme peut également être une indication à la pose d’un implant torique (implant correcteur d’astigmatisme).

Certains implants dits « multifocaux » sont conçus pour permettre de voir à la fois de loin et de près sans lunettes. Leur pose peut être envisagée à condition d’éliminer certaines contre-indications. Les implants toriques et multifocaux ont un coût plus élevé que les implants monofocaux classiques, et une partie de leur montant (entre 100 et 300 euros environ selon les modèles) est à la charge du patient.

Que savoir sur la chirurgie de la cataracte en pratique ?

Elle est réalisée sous microscope au bloc opératoire, en un quart d’heure en moyenne. C’est la préparation qui est l’étape la plus longue : dilatation de la pupille, désinfection, installation. Vous serez hospitalisés en ambulatoire court: comptez d’une heure à une demi-journée.

La chirurgie se déroule sous anesthésie locale, vous êtes tout à fait éveillé mais l’œil est insensibilisé : dans la majorité des cas,  des gouttes anesthésient la surface et vous ne devez pas bouger les yeux quand on opère. Dans certains cas, une piqure permet de limiter les mouvements de l’œil.

Même si elle est rapide, la chirurgie ouvre l’œil : les principaux risques sont infectieux d’une part (environ 1 infection pour 1000 interventions) et techniques d’autre part entrainant un retard ou une impossibilité à la mise en place de l’implant intraoculaire.

Si les deux yeux doivent être opérés, ce sera à 8 jours d’intervalle. Il faut prévoir une vie tranquille dans le mois qui suit la chirurgie, de préférence chez soi, sans efforts de soulèvement de charges (valises, cartons), ni séjour en atmosphère poussiéreuse. Vous aurez un contrôle postopératoire variable selon les cas et une nouvelle correction optique par lunettes environ un mois après la chirurgie quand les incisions sont bien cicatrisées. Vous pourrez alors reprendre pleinement vos activités professionnelles et la conduite automobile.

Si vous souhaitez prendre un rendez-vous avec un spécialiste de la cataracte cliquez-ici puis validez votre recherche. 

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