Physiologie de l’audition
Un son est une vibration qui se propage dans un milieu aérien, dont l'intensité (c’est à dire la puissance sonore) se mesure en décibel (dB) et dont la fréquence se mesure en hertz (Hz). La gamme de fréquences audibles chez le sujet normal s'étale de 20 à 20000 Hz.
L'oreille externe et l’oreille moyenne représentent l’appareil de transmission
L'oreille externe permet de faciliter la localisation des sons et joue un rôle modéré d’amplification sonore (rôle de cornet acoustique).
L'oreille moyenne joue un rôle essentiel dans l'audition : transmission des sons à l'OI (grâce au système tympano-ossiculaire), protection de l'OI contre les agressions sonores (grâce à la mise en jeu du réflexe stapédien aux fortes intensités sonores).
Une atteinte de ces structures sera responsable d'une surdité de transmission, comme par exemple un bouchon de cérumen obstruant le conduit auditif externe, une perforation du tympan, un blocage (ankylose) ou une destruction (lyse) d’un osselet…
L'oreille interne, le nerf auditif (VIII) et les voies auditives centrales représentent l’appareil de perception
L'appareil de perception va jouer plusieurs rôles :
- la transformation de l'énergie mécanique sonore en énergie électrique (ce mécanisme est appelé transduction)
- le codage des signaux électriques permettant de reconnaître les caractères de fréquence et d'intensité du son
- la transmission des informations aux structures centrales.
Les mouvements transmis à la platine de l'étrier vont provoquer des variations de pression intra-cochléaire (mouvements des liquides labyrinthiques). Ces mouvements liquidiens vont entraîner une activation des CCI, qui vont elles-mêmes activer les fibres du nerf auditif afin de véhiculer les informations aux structures cérébrales.
L'atteinte de ces structures est responsable d'une surdité de perception ou surdité neuro-sensorielle : presbyacousie (vieillisement de la cochlée), fracture labyrinthique, tumeur du nerf auditif, maladie de Ménière…
Examen de l’audition
Qu'est-ce qu'un bilan d'audition ?
Un bilan d'audition est un ensemble de moyens (consultation clinique et examens complémentaires) visant à évaluer le niveau auditif d'une personne.
Le principal examen permettant de mesurer l'audition est appelé audiogramme. Il a pour but de déterminer les seuils auditifs de chaque oreille, c'est à dire la plus faible intensité perceptible (mesurée en décibels) à différentes fréquences (mesurées en hertz).
En fonction de l'importance de la baisse d'audition, on pourra définir plusieurs niveaux de surdités : légère, modérée, sévère ou profonde. Une surdité peut être également appelée hypoacousie.
L'audiogramme va, en outre, permettre au médecin ORL d'orienter la démarche étiologique, c'est à dire la recherche de la cause d'une éventuelle baisse d'audition. En effet, une surdité peut être due à de multiples causes, dont la reconnaissance conditionnera le traitement à proposer.
Comment réaliser un bilan d'audition ?
L'examen de l'audition est habituellement effectué après une consultation médicale comprenant un interrogatoire cherchant à déterminer les caractéristiques de la baisse d'audition (côté, début, facteurs déclenchant ou prédisposant...) et un examen clinique (avec, en particulier, examen des conduits auditifs externes et des tympans).
L'audiogramme est un test subjectif qui réclame impérativement la coopération et la participation active du sujet testé. Il est réalisé dans un endroit silencieux (par exemple, cabine insonorisée). La personne testée va indiquer à l'opérateur le son le plus faible qu'elle peut percevoir pour différentes fréquences (habituellement, 8 fréquences sont étudiées de 125 à 8000 Hz) et, bien sûr, pour chaque oreille. L'examen est d'abord réalisé à l'aide d'un casque posé sur les oreilles afin de déterminer les seuils d'audition en conduction aérienne (ce qui reflète le niveau d'audition de chaque oreille), puis à l'aide d'un vibrateur posé sur l'os mastoïdien (derrière le pavillon de l'oreille) afin de déterminer les seuils d'audition en conduction osseuse (ce qui reflète le niveau d'audition de l'oreille interne, sans faire intervenir l'oreille moyenne c'est à dire le conduit auditif externe, le tympan et les osselets).
Cet examen d'audition, appelé audiométrie tonale, est parfois complété d'autres tests d'exploration fonctionnelle auditive : audiométrie vocale, tympanométrie, étude des réflexes stapédiens, otoémissions acoustiques, potentiels évoqués auditifs...
La durée d'un bilan auditif standard varie de 10 à 30 minutes.
Puisqu'il nécessite la coopération et la participation de la personne testée, l'audiogramme n'est parfois pas réalisable ou non fiable : patient dans le coma, troubles neuro-psychiatriques importants, jeune enfant (un audiogramme classique peut être effectué à partir de 4 à 7 ans ; sinon, il faut avoir recours à des techniques spéciales d'audiométrie infantile ou à d'autres tests comme les otoémissions acoustiques ou les potentiels évoqués auditifs), simulateur…
Dans quelles situations faut-il tester son audition ?
Dans la plupart des cas, le bilan auditif est effectué en raison de signes pouvant témoigner d'une baisse d'audition :
- impression de difficultés d'audition ou de compréhension
- difficultés d'audition lors des conversations téléphoniques
- gêne auditive en milieu bruyant (réunions professionnelles ou familiales, théâtre, télévision...).
D'autres signes ou d'autres situations peuvent conduire à faire un bilan auditif :
- vous entendez des bruits dans les oreilles (sifflements, bourdonnements...)
- vous avez des vertiges
- vous faites des otites
- vous êtes exposé au bruit (profession, loisirs)
- des membres de votre famille ont présenté des problèmes d'audition relativement jeunes (avant 50 ans)
- vous avez reçu des traitements potentiellement ototoxiques, c'est à dire néfastes pour l'oreille interne (antibiotiques de la famille des aminosides à fortes doses, certaines chimiothérapies anti-cancéreuses...)
Un bilan auditif est parfois réalisé de façon systématique : dépistage scolaire, médecine du travail, bilan de sécurité sociale...